Le miel de l'optimisme

À l’approche des fêtes de fin d’année nous avons voulu proposer à la vente le fruit d’une autre de nos activités, et par la même occasion partager une petite note d’optimisme dans un contexte plutôt morose à bien des égards.

Alors que se multiplient dans les médias les témoignages d’apiculteurs désemparés qui assistent impuissants à une véritable hécatombe au sein de leur cheptel de ruches nous avons souhaité apporter modestement un témoignage encourageant. Nous (plus précisément Clémence avec l’aide de son grand père) avons commencé il y a quelques années à nous intéresser aux abeilles. Papi Jacques qui avait déjà pratiqué par le passé a montré à Clémence il y a une dizaine d’années comment faire rentrer un essaim dans une ruche. Ils ont cette année là récupéré deux essaims à proximité des vignes et de la maison.

Sans trop les surveiller nous avons assisté depuis à de nombreux essaimages, que nous avons pu récupérer ou pas, pour arriver aujourd’hui à une bonne quinzaine de ruches.

Il se trouve que pour l’instant nous n’avons pas eu à déplorer de diminution de nos populations, si ce n’est depuis peu à cause des frelons asiatiques, que les ruches sont très généreuses et que le miel que nous récoltons est très apprécié par ceux qui le goûtent.

Le fait que nous soyons en bio n’est sans aucun doute pas une raison suffisante pour expliquer la bonne santé de nos abeilles. Quand on sait la distance que peut parcourir une abeille pour aller butiner on comprend qu’elles franchissent allègrement les limites de notre propriété pour se retrouver par exemple chez des agriculteurs qui ne sont pas en bio. Alors pourquoi ne meurent elles pas? Peut être parce que ne pas être en bio ne signifie pas forcément qu’on est un empoisonneur. Les céréaliers n’épandent pas forcément sur leurs parcelles des fongicides ou des raccourcisseurs de paille. Les éleveurs acceptent parfois que les prairies soient naturelles, et donnent d’elles mêmes l’herbe qu’elles veulent bien donner. Et même sans être en bio on peut être respectueux de l’environnement.

Loin de vouloir crier victoire car nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve, nous voulons faire savoir que la disparition des abeilles n’est sans doute pas inéluctable, et que le bio n’est pas la seule alternative. Nous tenons à rendre hommage aux agriculteurs « conventionnels » qui tolèrent quelques ronces dans leurs prairies ou quelques « mauvaises herbes » dans leurs champs de blé ou dans leurs vignes, bref, qui n’appliquent pas à la lettre les consignes des firmes phytopharmaceutiques. Nous voulons dire que le « bon sens paysan » n’est pas mort partout, et que peut être un jour nous assisterons à un certain retour à la raison, avec ou sans certification bio.

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